L’édition 2019 du rapport de synthèse sur l’état de l’environnement en France, publié tous les 4 ans, présente une synthèse de l’état des ressources françaises, de leur utilisation et des pressions que ces utilisations engendrent sur le milieu naturel, la biodiversité ou les populations humaines.

Il est accompagné cette année de ressources complémentaires : des focus thématiques ainsi qu’un site web comprenant un ensemble d’informations et de données, en partie déclinées par régions.

Le rapport de synthèse intègre quant à lui la présentation d’un nouvel enjeu, de « conciliation de l’amélioration du niveau de vie », d’atténuation des inégalités, et de respect de la biosphère (quels impacts pour les français des changements globaux ? quelles solutions ?).

Dans une première partie, l’analyse de l’état de l’environnement en France est basée sur plusieurs grandes thématiques, pour lesquelles de nombreux chiffres clés apportent une lumière sur les améliorations ou détériorations des paramètres mesurés ainsi que sur les avancées et insuffisances des politiques et stratégies existantes (voir tableau ci-dessous).

Dans une seconde partie, le cadre français est mis en perspective, face aux « neuf limites planétaires », permettant de rendre compte de l’empreinte écologique française sur le reste du monde. Ce chapitre se base sur le concept des « neuf processus naturels qui, ensemble, régulent la stabilité de la planète : le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la perturbation des cycles biogéochimiques de l’azote et du phosphore, les changements d’utilisation des sols, l’acidification des océans, l’utilisation mondiale de l’eau, l’appauvrissement de l’ozone stratosphérique, l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère, l’introduction d’entités nouvelles dans la biosphère. »

Par exemple, « l’empreinte écologique de la France liée aux importations de matières premières agricoles et forestières s’élève à 14,8 millions d’hectares en 2016 », la France contribuant ainsi à la  déforestation mondiale.

 

Principaux éléments et chiffres clés issus de l’analyse des thématiques

retenues pour traduire l’état de l’environnement en France (non exhaustif) :

QUALITÉ DE L’AIR, QUALITÉ DES EAUX DE SURFACE, DES EAUX SOUTERRAINES, DES SOLS.
– Sur la période 2000-2017, les rejets de polluants dans l’air extérieur par les activités humaines ont globalement baissé. Leurs évolutions présentent toutefois de grandes disparités selon les polluants et leurs origines (les émissions d’ammoniac par le secteur agricole n’ont pas baissé).

Si les émissions ont diminué, les concentrations mesurées dans l’air n’ont pas baissé aussi fortement.

Dans les cours d’eau, une diminution globale des macropolluants est observée sur la période 1998-2017, mais est contrastée par des disparités régionales (forte hausse sur le bassin bordelais par exemple).

Pour les pesticides, l’évolution de la concentration dans les cours d’eau est globalement favorable (diminution des herbicides notamment), malgré ici encore une disparité territoriale.

Les eaux souterraines sont largement polluées par les nitrates, pesticides et métaux, bien que les tendances régionales soient variables (amélioration en Bretagne pour les pesticides).

6800 sites et sols pollués ou potentiellement pollués étaient recensés en 2018. L’origine de la pollution est généralement industrielle (métaux, hydrocarbures) et responsable de la contamination des nappes souterraines (exemple notable de l’arsenic).

MER ET LITTORAL
La densité de population (287 habitants par km2) est 2,5 fois plus élevée sur le littoral (4% du territoire) que la moyenne nationale. La densité de logements y est trois fois plus forte, engendrant un niveau d’artificialisation des sols de 15% (2,6 fois plus que la moyenne), qui atteint 29% à moins de 500m des côtes en métropole.

La régression des terres agricoles y est accrue (2,5 fois plus vite que sur l’ensemble du territoire).

– Près d’un tiers de la bande située à moins de 500 m de la mer est protégée en métropole (Parcs nationaux, réserves naturelles, arrêtés de protection de biotope, sites acquis par le Conservatoire du littoral, sites Natura2000).

51,4 % des masses d’eau côtières ont un bon ou un très bon état écologique (les masses d’eau en état mauvais ou médiocre sont principalement situées en Bretagne et aux Antilles) ce qui est le cas de moins d’une sur trois masses d’eau de transition : certaines lagunes méditerranéennes, des estuaires métropolitains (Adour, Gironde, Seine, etc.) et guyanais sont ainsi en état médiocre ou mauvais.

– 98,9 % des 1 834 sites de baignade en mer de métropole avaient une qualité au moins « suffisante » en 2018, pour 96,4 % des sites d’outre-mer.

BIODIVERSITÉ
20 % seulement des habitats d’intérêt communautaire classés au titre de la Directive européenne « Habitats, Faune, Flore » sont dans un état de conservation jugé « favorable » sur la période 2013-2018.

Les habitats terrestres de la région biogéographique « atlantique » sont les moins bien conservés (11% dans un état favorable).

– Le risque d’extinction de 6% des espèces connues est évalué. Parmi ces 10 055 espèces évaluées, 18% sont éteintes ou menacées d’extinction (12% en métropole, 39% dans les outre-mer insulaires).

Les communautés d’oiseaux ont tendance à s’appauvrir et s’homogénéiser : les populations de « généralistes » augmentent, alors que les populations de « spécialistes » de certains milieux/régimes alimentaires diminuent (-22% en métropole entre 1989 et 2017).

– Les principales pressions sont bien connues : artificialisation des sols (rythme croissant de +1,4% par an en moyenne), fragmentation des cours d’eau (densité de 16 obstacles/portion de 100km en moyenne), pratiques agricoles intensives (+12% de vente de produits phytosanitaires sur 2014-2016), diminution des espaces toujours en herbe (-7,9% entre 2000 et 2010), pollution lumineuse, changements climatiques qui accroissent le risque d’extinction de certains espèces, modifient leur calendrier biologique, leurs interactions et/ou leurs aires de répartition spatiales/altitudinales…

– 22,3% de l’espace maritime est classé en aires marines protégées (objectif 2022 de 20%).

1,38% du territoire terrestre est placé sous protection forte en 2019 (pour un objectif 2019 fixé à 2%).

CLIMAT
– Conséquences de l’élévation des températures annuelles (+ 0.35°C par décennie depuis 1988), le nombre de jours de gel diminue (-2,5 jours de gel par décennie en moyenne sur la période 1961-2010, le niveau moyen des océans s’élève (+3,2 mm/an sur 1993-2010).

Les émissions de gaz à effet de serre ont cependant diminué de 18% entre 1990 et 2017 (avec une augmentation annuelle entre 2014 et 2017), tout en augmentant dans le secteur des transports (+13%). Cette baisse générale est en deçà des objectifs fixés par la loi de transition énergétique pour une croissance verte.

– Pour les trois objectifs fixés par  la loi de transition énergétique pour une croissance verte de 2015 (réduction des émissions de gaz à effet de serre, réduction de la consommation énergétique, part des énergies renouvelables) les tendances observées « ne sont pas suffisantes au regard des résultats attendus ».

RISQUES NATURELS ET TECHNOLOGIQUES
– La France est e 2ème pays d’Europe le plus touché par les catastrophes naturelles, inondations et tempêtes en tête, suivis des incendies (3,6 évènements qualifiés de « très grave » (plus de 10 morts ou plus de 30 millions d’euros de dommages) par an entre 1997 et 2007)

18 000 communes sont exposées aux risques technologiques (en 2018) : installations industrielles, installations nucléaires, transport de matières dangereuses, sites miniers ou grands barrages… certaines cumulent deux ou trois risques technologiques. Près de 40 000 accidents se sont produits entre 1992 et 2017.

– 12 000 communes sont exposées au transport de matières dangereuses.

RESSOURCES NATURELLES
–  Le jour du dépassement écologique (épuisement des ressources) de la France était en 2019 le 15 mai !

– Entre 1990 et 2016, la consommation d’énergie a en effet augmenté (+9%), la pression sur la ressource en eau s’est accrue en période estivale, l’artificialisation des sols se poursuit (+1,1% par an).

– L’extraction de matières minérales a quant à elle diminuée en France, qui s’appuie sur l’importation.

La France importe la majorité de ses combustibles fossiles, tel que l’uranium ce qui la rend dépendante énergétiquement (88% de sa consommation).

ÉCONOMIE CIRCULAIRE, ÉCONOMIE VERTE
– En 2016, seulement 1/5ème des besoins de l’économie est issue de déchets valorisés.

– Les plastiques recyclés ne participent qu’à hauteur de 6,5% à la production globale de plastiques.

Pour en savoir plus, consultez :

L’environnement en France – édition 2019 | Rapport de synthèse 

– La page web « l’environnement en France » 

– La vidéo « L’environnement en France en 10 points clés »