Ce document vise à dresser le bilan de la situation quantitative des ressources en eau et des mesures de gestion appliquées au cours de la période d’étiage 2019 (d’avril à octobre), à l’échelle des bassins du Nord de la Région Nouvelle-Aquitaine (Charente, Seudre, Sèvre Niortaise, Thouet, Clain, Vienne aval, etc.).

La première partie rappelle le contexte dans lequel se trouve le territoire depuis plusieurs années, vis-à-vis de la situation quantitative et des différents usages de la ressource en eau.

La seconde partie concerne l’impact du changement climatique sur la disponibilité de la ressource en eau.

La troisième partie récapitule l’évolution de la situation de la ressource en eau d’avril à octobre 2019 et porte sur différents aspects : pluviométrie, hydrologie, état des nappes, des principaux barrages-réservoirs, et des milieux naturels. Elle permet d’avoir une première idée de la situation actuelle (à fin octobre 2018) vis-à-vis de la ressource en eau, ainsi que de son évolution depuis le début de l’année hydrologique (ici considérée de novembre à octobre).

Enfin, la quatrième partie concerne les mesures de restriction des usages mises en œuvre durant la période d’étiage, et le suivi des objectifs définis aux points nodaux, en abordant également les éventuels impacts sur l’alimentation en eau potable.

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Synthèse

Au préalable, il est important de noter que l’évolution des conditions pluviométriques influence directement l’état quantitatif des ressources en eau, mais aussi plus indirectement la pression exercée sur celles-ci (par exemple la variation importante de l’intensité des prélèvements agricoles en période d’étiage, selon les besoins en eau des cultures et les précipitations reçues).

Pour cette année hydrologique 2018-2019, faute de précipitations hivernales régulières et conséquentes, la reconstitution des ressources en eau n’a pas été véritablement efficace. Le territoire picto-charentais se trouvait alors dans des dispositions hydrologiques plutôt préoccupantes avant d’aborder cette nouvelle période d’étiage 2019.

A l’échelle du Poitou-Charentes, les précipitations ont présenté une situation contrastée d’avril à octobre, avec des cumuls de pluies généralement inférieurs aux normales d’avril à mai, puis de juillet à septembre, où les déficits sont parfois marqués, notamment en raison d’épisodes caniculaires. A l’inverse, les pluies ont été sensiblement supérieures aux normales en juin, et très nettement excédentaires en octobre.

Dans ces conditions climatiques, du fait des rares précipitations et des sollicitations croissantes des différents usages, les débits des cours d’eau, les niveaux des nappes et les taux de remplissage des grands barrages-réservoirs n’ont cessé de diminuer de juillet à septembre, et sont restés globalement inférieurs aux normales saisonnières, atteignant parfois des niveaux assez critiques.
Certains milieux aquatiques ont aussi été affectés par l’absence d’écoulement des cours d’eau (« assec ») pouvant mettre en péril la vie aquatique, notamment en septembre, avec une des situations les moins favorables observée depuis 2011 ou 2012 à la même période.
En lien avec ces conditions, les Débits d’Objectifs d’Etiage (DOE) n’ont été satisfaits que sur 6 des 22 points nodaux en 2019 et les Débits de Crise (DCR) ont quant à eux été franchis sur 13 stations.

En revanche, les fortes pluies d’octobre ont engendré une hausse généralisée des niveaux des cours d’eau et des nappes souterraines, et permis d’atténuer la situation jusque-là critique. Malgré cet effet bénéfique, la plupart des stations de suivi présentent encore un débit ou un niveau de nappe inférieur aux moyennes saisonnières en octobre.

Des arrêtés de restriction des usages agricoles de l’eau ont été pris dès le mois d’avril sur certains bassins. Les mesures se sont ensuite intensifiées progressivement et la quasi-totalité des zones de gestion ont été concernées par un arrêté de restriction pendant cette période d’étiage 2019. Au 31 octobre, avant la fin d’application des arrêtés cadre, environ 80% des unités de gestion étaient encore concernées par un arrêté de restriction (dont 63% par une interdiction totale de prélèvements), et de nombreux sous-bassins étaient en situation de crise (l’intégralité des sous-bassins du Thouet et du Clain par exemple).

En novembre 2019, à la faveur de nouvelles pluies intenses, la phase de recharge naturelle des ressources en eau, et notamment des nappes souterraines, semble s’être véritablement enclenchée pour cette nouvelle année hydrologique 2019-2020. Et contrairement aux années passées, la période d’étiage ne se prolonge pas à l’automne.

Photo du Clain à Anché (86) le 5 novembre 2019. Crédit photo : ARB NA

 

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