Organisé par le Forum des Marais Atlantiques, le Parc Naturel Régional du Marais Poitevin et l’Université de La Rochelle, le colloque international « Adaptation des marais littoraux au changement climatique » s’est tenu en novembre 2018 à La Rochelle.

En effet, les marais littoraux, milieux à l’interface terre-mer, peuvent être particulièrement touchés par le changement climatique. Ils englobent les zones intertidales nues et végétalisées (zones soumises à l’alternance de marées hautes et basses), aussi nommées slikkes et schorres, ainsi que les marais rétro-littoraux (ou arrière-littoraux) non inondés par les eaux marines.

Deux axes ont été abordés au cours du colloque, à travers les présentations de scientifiques et gestionnaires d’espaces naturels :

– 1 : un bilan de l’état actuel des connaissances scientifiques concernant le changement climatique, les variations du niveau marin au regard des émissions de gaz à effet de serre, l’évolution du niveau de la mer et du sol, les évènements tectoniques ou les évolutions sédimentaires et géomorphologiques du trait de côte…

Ce bilan est, à l’échelle mondial, celui d’un risque de submersion de 20 à 60 % des zones côtières d’ici l’horizon 2100, du fait de plusieurs facteurs :

  • une montée du niveau de la mer de 50 centimètres à 1 mètre (sans prendre en compte les phénomènes de débâcle glaciaire),
  • l’abaissement du niveau des sols (qui s’élève en d’autres parties du globe),
  • des mouvements tectoniques de subduction des plaques (une plaque s’incurve et plonge sous une autre)…

– 2 : la présentation de stratégies d’adaptation régionales et locales  au changement climatique :

En plus d’être des zones essentielles à la biodiversité (ex : nourriceries d’alevins de poissons) et des puits de carbone, les marais littoraux remplissent plusieurs fonctions importantes pour les territoires littoraux qui font face aux aléas de submersion marine.

Ce sont en effet des zones de forte sédimentation, processus qui élève les sols et peut contrebalancer pour tout ou partie la montée du niveau de l’eau. Préserver la capacité à être inondées de ces zones prévient également les phénomènes de surcôte lors des tempêtes, donc les inondations provoquées par les vagues, potentiellement dommageables…

Dans cet objectif, différents projets ont déjà vu le jour comme le projet Adapto, d’adaptation de la gestion du trait de côte au changement climatique. Des démarches expérimentales sont conduites sur une sélection de sites (10 sites français dont 9 en métropole). En Nouvelle-Aquitaine, sont concernés les marais littoraux de Moëze (sud de Rochefort), l’île-Nouvelle (estuaire de la Gironde) et le delta de La Leyre.

D’autres projets, variables selon les contextes (Marais Poitevin, Réserve Naturelle Nationale de Moëze-Oléron,…) et basés sur différents scénarios, ont été évoqués par les gestionnaires : projets de restauration des échanges hydrauliques terre-mer (exemple de La Camargue)  projets qui tendent vers la dépolderisation (exemple du Marais Poitevin).

Pour finir, la « construction collective » s’est organisée autour d’une table-ronde abordant les questions de l’émergence d’une « vision partagée » autour de ces enjeux complexes, de l’acceptabilité sociale et de l’appropriation par les différents publics…

 

L’intégralité des contenus sont retranscrits dans les Actes du colloque, qui compilent les connaissances et retours d’expériences évoqués lors des conférences et présentations.

Pour en savoir plus, consultez :

Les actes du colloque « Adaptation des marais littoraux au changement climatique

La captation vidéo du show scientifique « Hé… la mer monte ! »