L’une des dernières notes scientifiques de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), qui a pour mission « d’informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin d’éclairer ses décisions », porte sur la biodiversité.

Cette note de janvier 2019, dont le rapporteur est Jérôme Bignon, sénateur de la Somme, aborde différentes notions telles que « l’extinction massive », « l’effondrement de la biodiversité », « l’anthropocène »… Par exemple, l’anthropocène, notion apparue en 2002, désigne l’ère géologique actuelle marquée par un changement rapide dont le moteur est, à contrario des ères géologiques précédentes, non pas un forçage ou une catastrophe naturelle mais bien le fait d’une espèce, notre espèce.

Comme l’évoquent des naturalistes, scientifiques ou journalistes, elle serait marquée par une « sixième extinction de masse », c’est à dire par « l’élimination d’une partie considérable des espèces du monde entier au cours d’un intervalle de temps géologiquement insignifiant».

Cette note revient donc sur la distinction à faire entre extinction et effondrement, précisant que le constat actuel est celui d’un «effondrement du nombre des individus dans les populations de très nombreuses espèces sauvages », ajoutant qu’il s’agit cependant d’une étape préliminaire à une extinction massive. Elle rappelle également que « L’homme peut néanmoins agir pour contrer l’effondrement et ainsi éviter l’extinction massive. L’effondrement peut être limité, alors qu’une crise d’extinction, quand elle a eu lieu, est irréversible. »

 Les outils et indicateurs de suivi utilisés pour évaluer l’état et les causes de perte de la biodiversité sont évoqués : en complément des programmes menés par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN) qui évaluent l’état de conservation et le niveau de menace pesant sur les espèces et les écosystèmes, les sciences participatives sont un outil de suivi permettant de mobiliser la communauté de bénévoles et donc de recueillir un grand nombre de données. Par ailleurs, l’analyse et la modélisation des processus à l’œuvre, tel que celui du changement climatique, font appel à des algorithmes complexes et à des travaux impliquant un grand nombre de chercheurs.

La conclusion de ce texte porte sur le nécessaire croisement des approches scientifiques, sociologiques, psychologiques et philosophiques pour convaincre de la nécessité de protéger la biodiversité. Sont évoquées les théories de l’amnésie environnementale générationnelle et de la dissonance cognitive comme potentielles explications du décalage existant entre faits scientifiques avérés et appropriation par l’opinion publique.

A partir de ces différents éléments, l’objectif donné par cette note est de comprendre la multiplicité des causes de phénomènes entrainant des pertes de biodiversité, de développer une approche sociétale de la compréhension de ces pertes par les citoyens et de continuer à encourager les recherches dans ces domaines.

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