Faisant suite aux deux précédents plans 2008-2012 et 2013-2018, ce projet de plan a pour objectif de mettre en valeur les actions de renforcement des populations de saumons mises en œuvre en France et de les renforcer, selon les recommandations de l’Organisation de Conservation du Saumon de l’Atlantique Nord (OCSAN).

Classé vulnérable en métropole par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), le saumon atlantique est un poisson migrateur amphihalin dont le cycle de vie se passe en mer et en eau douce, sa reproduction s’effectuant en hiver dans les cours d’eau où il a éclot.

L’objectif à long terme des plans de gestion est de restaurer et maintenir ses populations, en :

– adaptant la gestion de la pêche et de l’aquaculture ainsi que l’introduction et le transfert d’individus,
– favorisant la protection et la restauration de ses habitats.

Les principales menaces pesant sur l’espèce sont en effet la réduction de l’accès aux habitats d’eau douce du fait des seuils et barrages, qui engendrent également une dégradation de ces habitats (débits d’eau insuffisants, granulométrie des frayères modifiée, ennoiement des sites de ponte), accentuée par la dégradation de la qualité des eaux, pratiques agricoles. A ces menaces s’ajoute la mortalité dans les aménagements hydroélectriques.

Le rétablissement des continuités écologiques des cours d’eau est donc l’une des mesures essentielles de ce projet, dont l’objectif est d’améliorer la circulation des poissons sur leurs axes de migration. Cela peut notamment permettre aux populations de saumon d’être plus résilientes face aux effets qu changement climatique, effets qu’il reste à appréhender.

En France, les actions de gestion détaillées sont établies au niveau régional par les Comités de gestion des poissons migrateurs, les COGEPOMI, qui associent les acteurs concernés, sur la base de l’évaluation des « stocks » de saumon.

Cette évaluation, conduite sur tous les bassins hydrographiques français, se fait à partir des données de capture de la pêche professionnelle et de la pêche à la ligne de loisir pratiquée en rivière, des comptages d’adultes en migration, du suivi de leur reproduction et de la production de juvéniles. L’état des stocks et leur tendance permet d’adapter les mesures de gestion de manière annuelle, notamment en ce qui concerne les conditions d’exercice de la pêche.

En Nouvelle-Aquitaine, l’espèce est historiquement présente depuis très longtemps (-14 000ans). Après sa disparition au 20ème siècle de plusieurs bassins français dont le bassin Garonne/Dordogne, elle est progressivement réapparue suite à la mise en place des premiers plans de gestion datant des années 1980s.

A l’échelle régionale, la superficie actuellement évaluée d’habitats potentiels favorables à l’espèce dépasse 915 hectares, les sites étant principalement situés sur l’Adour (Gave d’Oloron, Gave de Pau, Nive), le bassin Garonne-Dordogne et le bassin Creuse-Gartempe.

Pour plus d’informations, consultez le projet de plan de gestion 2019-2024.