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Dans la Vienne, un accueil sans équivalent de chats forestiers

chaton forestier en train d'être pesé
©Centre de soins de la faune sauvage poitevine

Le Centre de Soins de la Faune Sauvage Poitevine (CSFSP) a récemment accueilli en soins, 2 chatons de chats forestiers, une exception pour la région. Il faut différencier ce chat sauvage des chats harets qui sont pour ces derniers des chats domestiques abandonnés par l’homme et vivant à l’état sauvage. Le chat forestier était jusque dans les années 70 présent dans les départements du Nord Est de la Nouvelle-Aquitaine mais ils ont disparu notamment à cause des activités humaines et de la présence du chat domestique (contaminant les populations de chats forestiers avec de nombreuses pathologies).

Le CSFSP a reçu un appel, fin juin 2024, d’une bénévole d’une association de chats concernant 2 chatons avec un comportement anormal qu’elle essayait de sauver. Elle les a d’abord confiés à une association de chats qui a ensuite contacté le centre, confirmant ses dires. Effectivement, leur anatomie massive avec un pelage typique ainsi que leur comportement étaient suggestifs… Ces petits tombés dans une fosse agricole, restés coincés depuis un moment étaient dans un état critique : déshydratés, dénutris, avec diarrhée…

Il fallait les soigner et en savoir plus avant de les relâcher dans la nature.

 

 

Les analyses génétiques des chatons

 

2 chatons forestiers calment dans la paille
©Centre de soins de la faune sauvage poitevine

Afin de vérifier l’absence d’hybridation de ces 2 chatons avec des chats domestiques, le CSFSP a décidé de financer sur ses propres fonds des analyses génétiques qui ont révélé leur appartenance à la souche sauvage à 99% (fait devenu rare même dans le Nord-Est de la France, aire de présence principale de l’espèce). En effet, le chat forestier peut se reproduire avec le chat domestique et les croisements sont de plus en plus fréquents annihilant la souche sauvage pure.

Après des semaines de soins en infirmerie, ils ont repris du poids et une forme qui leur a permis par la suite de rejoindre un enclos extérieur adapté pour y être moins stressés et reprendre une vie plus en adéquation avec leur nature sauvage, jusqu’au printemps. Ils ont appris à manger une nourriture adaptée à leur vie de futurs prédateurs, seule nourriture convenant parfaitement à leur transit.

Ils ont donc passé presque 10 mois au centre et il a fallu les trapper dans leur enclos pour pouvoir les récupérer tant leur instinct sauvage et de camouflage était présent.

Un suivi qui donne espoir

Chat forestier adulte qui feule
©Centre de soins de la faune sauvage poitevine

Ils ont été relâchés à proximité de leur lieu de découverte et des caméras ont été placées pour les surveiller.

Cette expérience a aussi permis à lOffice Français de la Biodiversité de commencer des études sur la présence du chat forestier dans le nord de la région, en mettant des pièges photos et des pièges de poils pour surveiller leur retour dans une région, où ils étaient présents à l’origine. Ce suivi sur le long terme permettra de tirer des conclusions sur l’état de population du chat forestier, en espérant pouvoir compter plusieurs familles dans les années à venir.