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Les fractures, une conséquence fréquente des collisions routières

Chaque année, le centre de soins SOS Faune Sauvage, situé en Haute-Vienne, prend en charge environ 1 000 oiseaux sauvages. La grande majorité arrive à la suite d’un impact lié à l’activité humaine, et notamment des collisions avec des véhicules. En 2025, les chocs véhicules représentent 27% des causes d’accueils d’oiseaux au centre de soins. Les chocs sur la route restent malheureusement beaucoup trop nombreux et provoquent des traumatismes extrêmement violents. Dans de nombreux cas, les oiseaux restent également longtemps au bord de la route avant d’être secourus, ce qui réduit considérablement leurs chances de survie. Les collisions routières restent une cause majeure de mortalité chez les oiseaux sauvages et beaucoup d’animaux succombent à leurs blessures avant même de pouvoir être pris en charge. Après les traumatismes crâniens, les fractures sont les lésions rencontrées le plus fréquemment. Lorsqu’un oiseau heurte une voiture, il est souvent en pleine action de chasse ou en déplacement rapide : la vitesse cumulée de l’animal et du véhicule entraîne des impacts particulièrement violents. Les fractures touchent alors le plus souvent les ailes ou les pattes, et peuvent être très importantes.

© SOS Faune Sauvage

Des blessures particulièrement délicates chez les oiseaux

Les fractures sont toujours délicates à prendre en charge, mais celles qui concernent les ailes sont les plus critiques. Pour un oiseau sauvage, la qualité du vol doit être parfaite pour lui permettre de survivre dans son milieu naturel. Une fracture mal consolidée peut altérer le vol, même légèrement, et cette différence devient rapidement un véritable handicap. Certaines espèces, comme les faucons, dépendent d’un vol précis et rapide pour chasser efficacement. Les grands migrateurs, eux, doivent parcourir de très longues distances. Si leur vol est moins performant, ils se fatiguent beaucoup plus rapidement et leurs chances de survie diminuent fortement. Depuis plusieurs mois, le centre observe une augmentation importante des collisions avec des véhicules. Face à ces situations souvent complexes, SOS Faune Sauvage travaille depuis un an avec une vétérinaire spécialisée en chirurgie orthopédique, qui peut intervenir sur des cas particulièrement difficiles. Grâce à ces compétences, des opérations lourdes et très techniques peuvent aujourd’hui être réalisées sur des oiseaux qui, auparavant, ne pouvaient pas être soignés.

© SOS Faune Sauvage / Imagerie de la Clinique Vétérinaire XY’VET

 

Des chirurgies suivies d’une longue rééducation

Après l’opération, les soins se poursuivent avec une étape essentielle : la rééducation. Les oiseaux opérés bénéficient d’un suivi avec un vétérinaire pratiquant l’ostéopathie et la physiothérapie (correspond à de la kinésithérapie) afin de les aider à retrouver progressivement mobilité et capacité de vol. Les fractures complexes demandent souvent un temps de guérison et de rééducation particulièrement long (environ 3 mois), avant qu’un retour à la vie sauvage soit envisageable. Depuis un an, les résultats obtenus grâce à ces chirurgies et à ce suivi sont très encourageants et permettent de donner une nouvelle chance à des oiseaux gravement blessés. 

© SOS Faune Sauvage