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Canicule : quand la faune sauvage n’a plus d’endroit où se réfugier

Depuis la fin du mois de juin, la Nouvelle-Aquitaine traverse un épisode caniculaire d’une intensité rare. Les départements de la région ont été placés en vigilance orange, voire rouge, avec des températures locales dépassant 41 °C. Cette chaleur extrême frappe aussi la faune sauvage régionale et met à rude épreuve les centres de soins chargés de la soigner.

Déjà mis sous tension par les tempêtes de février, les centres de sauvegarde se retrouvent de nouveau au cœur d’un nouvel épisode climatique extrême.

©Paloume

Une faune en surchauffe

Aucune espèce n’est épargnée. La chaleur extrême provoque déshydratation et épuisement, tout en accélérant l’assèchement des points d’eau et la raréfaction des ressources alimentaires.

Martinets et hirondelles comptent parmi les premières victimes : nichant dans des cavités en hauteur directement chauffées par le soleil, leurs jeunes, cherchant désespérément un peu de fraîcheur, sautent du nid avant même de savoir voler. Au sol, sans intervention rapide, ils sont condamnés.

©Centre de soins Faune Sauvage de Tonneins

Des structures saturées dans toute la région

Pendant cette période caniculaire, les centres de soins ont reçu un nombre d’appels extrêmement élevé, et par conséquent un afflux d’accueils tout aussi impressionnant. Les centres étant dans l’obligation de faire correspondre les effectifs accueillis avec leurs capacités d’hébergement, la plupart d’entre eux ont dû restreindre, voire fermer temporairement, l’accueil de nouveaux animaux.

Ce n’est pas seulement le manque de places qui pousse les centres à limiter ces accueils, mais aussi le manque de moyens humains, matériels et financiers.

La situation touche l’ensemble des structures de la région, du littoral charentais aux Pyrénées-Atlantiques, même si l’ampleur exacte de la saturation varie d’un centre à l’autre selon sa taille et sa localisation.

©Centre de soins Faune Sauvage de la LPO Aquitaine

 

Que faire en cas de découverte d’un animal en détresse ?

Face à cette situation, quelques gestes simples permettent d’aider la faune sauvage à traverser la canicule :

  • Disposer de l’eau fraîche dans des récipients peu profonds (par exemple une soucoupe ou un fond de pot de fleurs avec un caillou ou un bâton pour permettre aux petits animaux de ressortir), à renouveler chaque jour
  • Préserver des zones ombragées et des herbes hautes dans son jardin
  • Limiter les tontes pendant les épisodes de forte chaleur

En cas de découverte d’un animal en détresse :

  • Observer l’animal avant d’intervenir, afin de vous assurer qu’il a réellement besoin d’aide.
  • Contacter un centre de soins avant tout transport. Si la ligne est saturée, mieux vaut retenter un peu plus tard plutôt que renoncer : des places se libèrent chaque jour grâce aux relâchers d’animaux soignés. En attendant, vous pouvez consulter les informations de prise en charge sur le site du Réseau national des centres de soins.
  • Si l’animal nécessite une prise en charge, déposez-le dans un carton fermé et aéré, tapissé de papier journal, dans un endroit calme, sans le nourrir ni l’abreuver de force.

Une vulnérabilité appelée à s’accentuer

Alors qu’un nouvel épisode de chaleur intense est déjà annoncé pour ce début juillet, les équipes des neuf centres de la région n’ont guère le temps de souffler. Cette situation illustre, à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, une réalité plus large : celle d’une biodiversité directement exposée aux dérèglements climatiques, et d’un réseau de structures essentielles mais largement sous-doté face à des épisodes dont la fréquence et l’intensité ne cessent de croître.